Tortue de mer (Madagascar) : les espèces, les sites et la saison

▶️ En Bref

Cinq espèces de tortues marines vivent dans les eaux malgaches, surtout la tortue verte et la tortue imbriquée. Pour nager à leurs côtés, visez Nosy Sakatia et Nosy Tanikely, près de Nosy Be, toute l’année. Pour une ponte, Nosy Iranja reste le site de référence, de mai à octobre pour la tortue verte.

Pour voir une tortue de mer, Madagascar offre surtout les îlots autour de Nosy Be, au nord-ouest. Les tortues y vivent toute l’année, près des herbiers, et viennent pondre sur les plages de quelques îles, dont Nosy Iranja.

Où voir une tortue de mer à Madagascar ?

Surtout autour de Nosy Be. Selon l’office régional du tourisme, la région concentre l’essentiel des observations, et chaque îlot a son espèce de prédilection.

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SiteRégionEspècesPour quoiAccès
Nosy SakatiaNord-ouestTortue verteNager dans les herbiers5 à 15 min de bateau depuis Nosy Be
Nosy TanikelyNord-ouestVerte et imbriquéeSnorkeling dans un parc marin20 min de bateau, entrée 40 000 Ar
Nosy KombaNord-ouestVerte et imbriquéeSnorkelingExcursion depuis Nosy Be
Nosy IranjaNord-ouestVerte et imbriquéePonte et éclosions40 à 47 km de Nosy Be, à la journée ou en bivouac
Île Sainte-MarieEstVerte et imbriquéeRencontres en plongée ou au masqueVol depuis Antananarivo
AnakaoSud-ouestNon préciséPlongée1 h de bateau depuis Tuléar

Sites et espèces relevés en septembre 2026 auprès de l’office régional du tourisme de Nosy Be, de Madagascar National Parks, du site nosyiranja.com, du Routard et d’un club de plongée de Sainte-Marie.

Pour la ponte, la revue Oryx désigne les îles, notamment Nosy Iranja et Nosy Hara, comme les sites les plus importants. Nosy Radama et les Mitsio accueillent aussi des pontes chaque saison.

Au sud-ouest, le parc marin de Nosy Ve Androka abrite les cinq espèces, mais la dernière ponte signalée sur l’îlot remonte à 1986.

Quelles espèces de tortues marines vivent à Madagascar ?

Cinq espèces fréquentent les eaux malgaches. La verte, l’imbriquée, l’olivâtre et la caouanne pondent sur les plages, quand la luth reste au large.

L’espèce verte domine nettement. Sur environ 1 200 nids comptés par an au minimum, 74 % sont des nids de tortue verte, 18 % d’imbriquée et 1 % de caouanne.

En malgache, la tortue verte se dit zaty, et l’imbriquée hara, selon l’ONG Reef Doctor.

La tortue verte

La tortue verte doit son nom à la couleur de sa graisse et de son cartilage. Elle peut atteindre 1,5 m et 200 kg selon le WWF, voire plus selon d’autres sources.

Carnivore jeune puis herbivore adulte, elle entretient les herbiers marins en broutant, d’où sa présence à Nosy Sakatia.

💡 Bon à savoir

En octobre 2025, l’UICN a fait passer la tortue verte d’« en danger » à « préoccupation mineure » au niveau mondial. Sa population a augmenté d’environ 28 % depuis les années 1970. Les fiches de Madagascar National Parks la classent toutefois encore « en danger » dans ses parcs.

La tortue imbriquée

Plus petite, l’imbriquée mesure 60 à 90 cm pour 45 à 70 kg. Elle se nourrit surtout d’éponges de mer, et reste classée en danger critique d’extinction.

Selon la fiche DORIS, trois détails la distinguent de la verte :

  • Le bec : pointu, d’où son surnom de tortue à bec d’oiseau.
  • La carapace : bords en dents de scie chez les jeunes.
  • Les écailles du museau : deux paires au lieu d’une.
tortue imbriquée au-dessus d’un récif, reconnaissable à son bec pointu
Photo : Jan Ebr & Ivana Ebrová, CC BY 4.0, Wikimedia Commons

Nosy Sakatia et Nosy Tanikely, pour nager avec les tortues

Nosy Sakatia est tout proche de Nosy Be. Elle se rejoint en 5 à 15 minutes de bateau depuis l’embarcadère de Chanty Beach, à l’ouest de l’île. De nombreuses tortues vertes y broutent les herbiers peu profonds, près du rivage.

💡 Conseil

Arrivez à Sakatia vers 8 h, conseille FairMoove. Les tortues remontent respirer toutes les 15 à 20 minutes, alors restez patient en surface plutôt que de les poursuivre.

À 8,5 km au sud de Nosy Be, Nosy Tanikely forme un parc marin de 340 hectares, cogéré par Madagascar National Parks. Tortues vertes et imbriquées s’y observent au masque, dans quelques mètres d’eau.

Depuis le 1er janvier 2024, l’entrée coûte 40 000 ariary par adulte étranger, et 4 000 ariary par enfant de 6 à 12 ans. Une page non datée de l’office du tourisme indique encore 20 000 ariary.

Le site du parc juge l’observation « quasiment garantie » à Tanikely. À Sakatia, un site de voyage spécialisé rappelle au contraire que la faune n’est jamais garantie dans la nature.

nageur en masque et tuba observant une tortue verte au-dessus d’un herbier
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Nosy Iranja, plage de ponte

Nosy Iranja est un site de ponte majeur. Selon le point de départ, 40 à 47 km la séparent de Nosy Be. Ses deux îlots sont reliés par un banc de sable, couvert à marée haute. L’aire marine protégée d’Ankivonjy, reconnue en 2015, l’englobe.

D’août 2000 à décembre 2004, les chercheurs y ont compté 345 nids de tortue verte et 76 d’imbriquée, sur le seul îlot d’Iranja Kely.

Une excursion à la journée coûte 60 à 90 € par personne, transport et déjeuner compris. Pour assister à une ponte de nuit, il faut dormir sur place : l’île compte une quarantaine de lits, en bivouac dès 15 € environ.

Les plus belles plages de l’île et de la région figurent dans notre sélection des plages paradisiaques de Madagascar, côte par côte, avec leurs accès.

plage de sable blanc de Nosy Iranja, site de ponte des tortues de mer à Madagascar
Photo : Diego Delso, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

Et autour de Sainte-Marie ?

Oui : l’île Sainte-Marie figure dans la liste officielle des plages de ponte. Madagascar l’a transmise en 2014 à l’accord international sur les tortues de l’océan Indien.

Près de la Cocoteraie, des villageois gardent les nids, avec l’appui des revenus du tourisme. Dans la forêt d’Ampanihy, que l’on explore en pirogue, des tortues pondent parfois sur la plage.

Sous l’eau, un club de plongée de l’île décrit un récif fréquenté par des tortues vertes et imbriquées. Sur le site du Bénitier, entre 8 et 22 mètres, réside une tortue verte surnommée Ninja.

Les rencontres se font surtout au fil d’une sortie en plongée ou au masque. Les spots accessibles depuis la plage sont détaillés dans notre guide du snorkeling à Sainte-Marie.

L’association Cétamada, installée à Sainte-Marie, protège la faune marine et diffuse la charte d’observation des tortues marines.

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Ponte et éclosions : à quelle période ?

Selon l’espèce, la ponte a lieu en hiver ou en été austral. La verte pond en hiver, l’imbriquée en été, mais les dates exactes varient selon les sources :

  • Tortue verte : de juin à octobre selon les opérateurs de Nosy Be, avec un pic de mai à août selon le suivi scientifique d’Iranja.
  • Tortue imbriquée : d’octobre à février selon les opérateurs, avec un pic de décembre à mars selon le même suivi.

Une femelle pond tous les 2 à 6 ans, plusieurs fois par saison. Elle creuse avec ses nageoires arrière un trou d’environ 50 cm, et y dépose de 100 à 200 œufs selon les sources.

L’éclosion survient environ deux mois plus tard, et les petites tortues sortent du sable à marée haute ou montante, avant de rejoindre la mer.

jeune tortue de mer rejoignant la vague après l’éclosion

Approcher une tortue : les règles

Une charte officielle encadre l’approche. Celle de Cétamada s’applique en vertu d’un arrêté interministériel de 2023 et fixe quatre règles principales pour les nageurs :

  • Ne pas toucher les tortues ni leurs œufs.
  • Ne pas piétiner les herbiers, ni y faire passer les bateaux.
  • Limiter le groupe à quatre nageurs et un guide.
  • Limiter la durée à 45 minutes avec un seul bateau, 15 minutes s’il y en a plusieurs.

La charte ne fixe aucune distance. FairMoove recommande 3 mètres au minimum, et la préfecture de La Réunion en conseille 5 pour ses propres tortues.

Pour une ponte, pas de lampe ni de flash, seule une lumière rouge étant tolérée. Restez silencieux et derrière la tortue, sans la toucher.

À l’émergence des petits, éteignez toute lumière et tenez-vous à plusieurs mètres. Laissez-les rejoindre la mer seuls, sans les aider.

⚠️ Attention

Ne mangez jamais de viande de tortue. En octobre 2020, à Mahambo, une quarantaine de personnes ont été intoxiquées, et trois jeunes enfants sont morts après en avoir mangé. Acheter une carapace alimente aussi un trafic illégal, comme le rappelle notre page que ramener de Madagascar.

tortue de mer au repos sur le sable, à observer à distance

Tortue de mer ou tortue terrestre : ne pas confondre

Madagascar a aussi ses tortues non marines. Le pays en abrite cinq espèces endémiques, quatre terrestres et une d’eau douce.

La plus connue, la tortue radiée, dite étoilée, mesure jusqu’à 45 cm pour 20 kg au plus. Elle est classée en danger critique, comme la tortue araignée. La tortue à soc, ou angonoka, ne survit plus que dans la baie de Baly, avec environ 400 individus.

Trois lieux entretiennent la confusion. Le Village des tortues de Mangily, près de Tuléar, accueille des tortues terrestres et non marines. La réserve du cap Sainte-Marie, à l’extrême sud, n’a rien à voir avec l’île Sainte-Marie. Sur l’île, enfin, le parc Endemika présente des tortues terrestres.

Pour le reste de la faune malgache, des lémuriens au fossa, voyez notre article sur les animaux de Madagascar.

tortue radiée, tortue terrestre de Madagascar à ne pas confondre avec une tortue de mer
Photo : Julien Renoult, CC BY 4.0, Wikimedia Commons

Trouver le bon site pour votre séjour

Visez avril à novembre autour de Nosy Be. À Sakatia, la mer est alors généralement la plus calme de l’année, avec l’eau la plus claire en saison sèche. Vers Iranja, la saison des pluies rend la navigation plus difficile, de novembre à avril.

Nosy Be et Sainte-Marie se trouvent aux deux bouts du pays : les combiner demande deux vols intérieurs et une dizaine de jours. Pour départager les deux îles, lisez notre comparatif Nosy Be ou Sainte-Marie.

Indiquez le mois et la région du séjour : l’outil affiche les sites les plus adaptés à ce moment de l’année.

Tortues marines : trois réponses courtes

Les tortues marines sont-elles protégées ?

Oui : selon une étude publiée dans Oryx, un décret de 2006 les protège de l’exploitation, et les premiers textes datent de 1923. Selon l’ONG Blue Ventures, ces lois restent pourtant peu cohérentes et rarement appliquées.

La même étude estime que les communautés côtières prélèvent encore 10 000 à 16 000 tortues par an, toutes espèces confondues.

Peut-on les voir toute l’année ?

Oui, autour de Nosy Be : les tortues vertes vivent toute l’année à Sakatia, où elles se nourrissent, comme à Iranja. La visibilité est meilleure en saison sèche, d’avril à novembre.

Faut-il savoir plonger ?

Non : à Tanikely, un masque et un tuba suffisent, dans quelques mètres d’eau. Savoir nager reste recommandé, et des gilets sont souvent fournis pour les débutants.

👉 Ce qu’il faut retenir
  • Espèces : cinq en mer, surtout la verte et l’imbriquée.
  • Nager avec elles : Nosy Sakatia et Nosy Tanikely, toute l’année.
  • Ponte : Nosy Iranja, de mai à octobre pour la verte, en été austral pour l’imbriquée.
  • Sainte-Marie : rencontres possibles en plongée ou au masque, jamais garanties.
  • Règles : ne pas toucher, pas de lumière la nuit, jamais de viande de tortue.

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